Le Schéma directeur prévoit des aménagements à Douala-ville pour l’optimisation de l’existant en plusieurs phases à court et moyen termes. En effet, l’analyse de l’évolution récente du trafic portuaire du Port de Douala a mis en évidence une dynamique évolutive importante du trafic, malgré ses contraintes de profondeur et les limitations des surfaces de stockage, notamment sur les quatre principaux terminaux portuaires qui comptent sur plus de 3 kilomètres de quai (le terminal vrac, solide et liquide, le terminal conteneurs, le terminal de marchandises conventionnelles, avec les deux postes spécialisés pour les fruits et les céréales et le terminal à bois).
Le deuxième pôle du développement du Port de Douala-Bonabéri, appelé à se déployer sur le nouveau site portuaire en eau profonde de Manoka vers Cap Cameroun, est un projet ambitieux dont la réalisation donnera au Port de Douala-Bonabéri des arguments pertinents pour affirmer sa vocation de port majeur au niveau national et de port stratégique situé au confluent des routes maritimes qui longent la Côte ouest-africaine.
Au total, les prévisions de trafic total des marchandises traitées au Port de Douala-Bonabéri sont estimées à 44,9 millions de tonnes en 2050 et les besoins en linéaire de quais correspondants sont évalués à 6717 mètres linéaires (ml), soit 2046 ml pour les conteneurs, 3407 ml pour le conventionnel et 1264 ml pour le vrac solide.
Le choix du site de Manoka résulte d’une analyse multicritère qui combine la réduction substantielle des charges de dragage, les conditions propices à l’investissement, notamment la possibilité de réaliser un accès terrestre sans conséquences négatives sur l’urbanisation et les projets touristiques, l’impact sur l’environnement, la proximité de la fosse du Cameroun vers l’océan, dont les profondeurs permettent d’accueillir les navires porte-conteneurs et vraquiers à fort tirant d’eau.
Les infrastructures projetées concernent la construction des postes à quai à -17m et les zones de stockage des marchandises selon les standards opérationnels les plus modernes de sécurité, l’acquisition des équipements de la navigation et de la gestion des terminaux en intégrant la possibilité d’accueillir dans le futur des porte-conteneurs de 22,000 EVP, le développement d’une zone logistique et industrielle, d’un terminal hydrocarbures répondant aux normes de sécurité, des ports pour la Marine, la plaisance et la pêche entraînant ainsi la création d’une ville nouvelle à Manoka dans une synergie harmonieuse ville-port.
La mise en service en 2035 des premières installations portuaires sur le site d’extension du Port de Douala à Manoka présente les avantages ci-après :
- l’amélioration de l’attractivité et le renforcement du positionnement stratégique du Port de Douala-Bonabéri dans l’organisation des échanges maritimes commerciaux sur la côte ouest-africaine ;
- la réduction considérable des coûts de dragage ;
- l’élargissement du trafic de l’hinterland ;
- une place prépondérante dans les décisions des compagnies maritimes relativement à l’organisation des dessertes maritimes ;
- la création d’environ 1400 emplois directs pour le port et 15.000 emplois pour la zone industrielle, sur la base de l’hypothèse de mise en exploitation de 500 ha de terre-pleins.
Le coût estimatif et prévisionnel des aménagements portuaires en vue de l’optimisation de l’existant sur la période 2020-2030 est de 222 milliards de FCFA. Une estimation des aménagements prévus dans la zone de la Crique Docteur à l’horizon 2035 fait l’objet d’études complémentaires à réaliser.
Le coût des aménagements portuaires pour l’extension du Port de Douala-Bonabéri vers le site de Manoka est de 902 milliards de FCFA. Le coût des aménagements des routes, des franchissements et du corridor ferroviaire pour l’évacuation massive des marchandises fait l’objet d’études complémentaires à réaliser.