Monsieur le Directeur Général, le Port Autonome de Douala a organisé du 26 septembre au 3 octobre derniers, la célébration avec faste des 150 ans du Port de Douala-Bonabéri. Marche sportive, tournoi de football, exposition photo, parade de navire, soirée culturelle au Palais de la Culture Sawa, salon très couru, publication d’un ouvrage, colloque international de haut niveau et gala de clôture marqué par la remise d’Awards aux clients et partenaires ont rythmé le cours de cette semaine. Quel bilan tirez-vous de cette intense d’activités ?
Permettez-moi avant tout d’exprimer la profonde gratitude du Port Autonome de Douala et de l’ensemble de la communauté portuaire à l’endroit du Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA qui a accepté de placer cette célébration sous son Très Haut Patronage et a délégué le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, pour présider la cérémonie de lancement des festivités. Le Président de la République nous a ainsi fait l’honneur d’une marque de haute estime. Nous y voyons la reconnaissance d’un acteur clé de la construction de l’industrie portuaire nationale, véritable architecte de la modernisation et du développement du Port de Douala-Bonabéri, depuis 1976, alors qu’il était Premier Ministre.
Permettez-moi aussi de remercier tous ceux qui ont participé à l’organisation de ce cent cinquantenaire. Je pense en particulier aux autorités administratives, politiques et traditionnelles qui ont sacrifié de leur temps pour célébrer avec nous ce moment historique, à la communauté portuaire, à la communauté des affaires, aux entreprises qui ont accepté de nous accompagner, aux experts qui ont organisé et animé le colloque de très haut niveau, aux médias, aux étudiants, aux prestataires, aux populations de Douala, et à mes collaborateurs qui se sont privés parfois de sommeil afin que tout ceci soit rendu possible. Les retours sont globalement positifs. C’est à eux que revient le mérite de ce succès. Chacun fera son propre bilan. Mais globalement, je pense que les objectifs ont été atteints.
En cette année 2025, où nous célébrons les 150 années d’existence du Port de Douala-Bonabéri, nous contemplons avec déférence et gratitude le chemin parcouru. Toutefois, cette étape ne saurait marquer un terme. Elle constitue, au contraire, l’annonce d’une promesse : celle d’un port toujours plus performant, attractif, compétitif, et à même de relever les défis du commerce international, de l’intégration régionale et de la mondialisation.
Qu’est-ce qui justifie la célébration, en 2025, d’un anniversaire que vous envisagiez en 2021 ?
Il faut souligner que 2021 est avant tout un repère, en résonnance avec 1871, année de la construction de ce que l’on peut considérer comme le premier quai de ce qui deviendra le Port de Douala-Bonabéri. Initialement prévu en 2021, ce grand rendez-vous de mémoire et d’avenir n’a pu se tenir comme envisagé. En effet, la grave crise sanitaire liée au coronavirus avait alors bouleversé les équilibres mondiaux et imposé une suspension des festivités. Mais loin d’éteindre notre détermination, cette épreuve n’a fait que renforcer notre volonté de célébrer, en 2025, avec plus d’éclat et de profondeur, l’histoire et les réalisations de ce port qui demeure le poumon économique du Cameroun.
Donc loin d’être un simple jalon chronologique, cet anniversaire incarne la mémoire active d’une aventure humaine, édifiée par le courage, l’intelligence et l’abnégation de générations d’hommes et de femmes, d’ici et d’ailleurs, qui ont fait du Port de Douala-Bonabéri un patrimoine commun et une fierté nationale.
Que racontent ces 150 ans d’histoire ?
L’histoire du Port de Douala-Bonabéri constitue une fresque éloquente des interactions successives entre puissances coloniales et aspirations nationales. Dès la fin du XIXᵉ siècle, les autorités allemandes, établies au Cameroun à partir de 1851, jetèrent les premiers jalons de cette infrastructure stratégique. Leur action, guidée par des impératifs économiques et militaires, visait à doter la colonie d’un débouché portuaire apte à soutenir l’exportation des produits tropicaux comme le cacao, le café, le bois et l’huile de palme, et à assurer l’acheminement rapide des équipements nécessaires à la mise en valeur du territoire. Le choix du site de Douala-Bonabéri, au cœur de l’estuaire du Wouri, témoigne de leur clairvoyance géographique et de leur volonté de faire de ce lieu, un pivot des échanges coloniaux. Ce qu’il sera d’ailleurs pendant les 45 années environ, de l’occupation allemande.
Lors du colloque, l’on a entendu dire que les Allemands avaient de grandes ambitions pour le Port de Douala… De quelle manière ?
En effet, les Allemands ambitionnaient de faire du Cameroun un hub portuaire majeur en Afrique, en développant des infrastructures à Douala, Kribi, Victoria – actuellement Limbe -, et Garoua. Le Port de Douala-Bonabéri, administré dès 1904 par le Service Officiel de Navigation Fluviale et de Cabotage, se dota de quais, de jetées, de docks flottants, et d’ateliers modernes. En 1911, il devint un centre névralgique du commerce colonial allemand, grâce à l’Union des ligues maritimes allemandes.
La Compagnie Woermann-Linie était bien équipée en puissants cargos et navires pour les passagers et longs courriers qui touchaient les ports du Kamerun et de l’extérieur : Victoria (Limbe), Kribi, Lomé, Conakry, Freetown, Hambourg, Boulogne, Southampton, Liverpool, Rotterdam, Madère, Tenerife, Swakopmund. Le trajet de Hambourg à Douala était alors parcouru en seize ou dix-sept jours.
Pourquoi Douala-Bonabéri est finalement privilégié par rapport aux autres ports existants comme Kribi ou Limbe par exemple ?
Le choix va se porter finalement sur Douala-Bonabéri, en raison de ses atouts stratégiques : voies ferrées et routes facilitant son accès. Le gouverneur allemand Théodor Seitz privilégia la liaison ferroviaire Douala-Yaoundé, estimant qu’elle renforçait le contrôle administratif et militaire de la région. Dès 1912, Douala-Bonabéri s’affirma comme principal port du pays. Les projets allemands de modernisation sont restés toutefois inachevés, interrompus par la Première Guerre Mondiale.
Après l’Allemagne, c’est au tout de la France…
Oui, en effet. À la fin de la Première Guerre mondiale, la France, investie du mandat sur le Cameroun, hérite du Port de Douala-Bonabéri, infrastructure stratégique pour la mise en valeur du territoire. Dès 1922, l’administration coloniale française va élaborer un projet d’extension du port, s’appuyant sur l’avant-projet esquissé par les autorités allemandes avant le conflit. Bien que plus modeste que les ambitions initiales de ces dernières, ce plan intégrait une vision de développement à long terme. Il prévoyait notamment l’amélioration du chenal d’accès, la construction de nouvelles infrastructures et superstructures ainsi que l’agrandissement des équipements existants.
Les autorités françaises optèrent pour une modernisation progressive, en adéquation avec l’évolution du trafic maritime et des besoins économiques du territoire. Le Port de Douala-Bonabéri devint ainsi un pivot central de la stratégie française visant à développer et moderniser les infrastructures locales, tout en assurant une exploitation optimale du territoire au bénéfice de la relance économique de la métropole et de ses entreprises.
Cette orientation va connaître un nouvel essor au lendemain de la Seconde Guerre mondiale…
En effet… Le 22 janvier 1947, le gouvernement français adopta un avant-projet d’extension qui portait sur l’amélioration des infrastructures et superstructures existantes, l’approfondissement des chenaux d’accès, la construction d’un boulevard maritime et diverses extensions, notamment à Bonabéri. Une enveloppe de 3,169 millions de francs CFA de l’époque fut alors confiée à la Société des Grands Travaux de Marseille pour conduire les chantiers d’agrandissement et de modernisation.
La pose du premier bloc des nouveaux quais fut présidée par le Secrétaire d’État à la France d’Outre-Mer, le Dr Louis-Paul Aujoulat, en présence du Haut-Commissaire de la République française au Cameroun, Jean-Louis André Marie Soucadaux, et de Paul Darnault, Ingénieur en chef des Travaux publics et Directeur des Travaux publics et des Transports du Cameroun. Les travaux, menés entre 1948 et 1954, marquèrent une étape décisive dans la transformation du port après la première extension engagée en 1922.
En quoi cela marque une étape décisive ?
À l’issue de ce vaste programme, le Port de Douala-Bonabéri va disposer de 1800 mètres de quais, de 30 hectares de terre-pleins, ainsi que de 25000 m² de magasins-cales. Selon les projections établies en 1960, ces équipements permettaient d’anticiper une capacité de trafic d’un million de tonnes, avec une marge de sécurité suffisante pour répondre aux besoins des deux à trois décennies suivantes.
À l’accession du Cameroun à l’indépendance, le pays hérita de six plateformes portuaires exploitées par l’État, auxquelles s’ajoutaient deux ports privés. Le port de Douala-Bonabéri, de loin le plus important, concentrait à lui seul près de 87 % du trafic portuaire total entre 1966 et 1968. Ce dispositif comprenait également les ports de Tiko et de Victoria (aujourd’hui Limbe), qui assuraient environ 70% du trafic du Cameroun occidental, ainsi que le port fluvial de Garoua, situé sur le fleuve Bénoué, dans le Nord du pays.
Le Cameroun accède à l’indépendances et hérite de cette infrastructure prend la main…
Il faut dire que si la France avait transféré aux nationaux la gestion de plusieurs institutions administratives et entreprises dans la partie occidentale du pays, la situation fut sensiblement différente pour le Port de Douala-Bonabéri. En effet, les entreprises françaises déjà implantées sur cette plateforme portuaire poursuivirent leurs activités et les développèrent par la suite, bénéficiant des agréments hérités de l’administration coloniale (Syndicat des acconiers, Syndicat des compagnies de navigation, UCAM, MORY, CAMATRANS, SDV, SAGA, SOCOPAO, entre autres). Sous la supervision du jeune État camerounais, ce maintien s’expliquait à la fois par une volonté de continuité et par les contraintes imposées par les accords coloniaux conclus à la veille de l’indépendance.
Ces derniers conféraient en effet aux entreprises françaises une position privilégiée, renforçant l’emprise de la France sur plusieurs secteurs stratégiques de ses anciens territoires. Ainsi, au lendemain de l’indépendance, aucune entreprise nationale n’était encore présente sur la plateforme portuaire de Douala-Bonabéri.
Mais, le jeune État, conscient de l’importance de l’industrie portuaire, et dans sa volonté de prise en main se don destin, engagea, avec le soutien des bailleurs de fonds internationaux, trois programmes d’investissements visant à accroître les capacités du Port de Douala-Bonabéri.
Pouvez-vous nous parler de ces programmes ?
Le premier projet d’aménagement est lancé en 1969. Il est financé par la Banque mondiale à hauteur de 778 millions de FCFA avant dévaluation, dans le cadre d’une procédure d’urgence, visait essentiellement à répondre à la forte demande d’importation de clinker et à améliorer la manutention des grumes. Il se traduisit par la construction d’un quai minéralier, l’aménagement d’un parc à bois, le dragage de zones stratégiques et l’acquisition d’équipements modernes de manutention. Bien que limité, il permit une première montée en capacité du port et prépara le terrain pour une extension plus ambitieuse. Le deuxième projet, plus ambitieux, est inscrit dans le 4ème Plan quinquennal (1977-1981). Il est estimé à 120 millions de dollars.
En quoi consistait ce deuxième programme ?
Il constitua l’axe majeur du programme d’investissement de l’Office National des Ports du Cameroun (ONPC). Lancé en novembre 1976, par le Premier ministre Paul Biya, et exécutés par l’entreprise hollandaise Boskalis, sous la direction du regretté Simon Ngann Yonn, premier Directeur Général de l’ONPC à 1971, les travaux visaient à doter la plateforme d’infrastructures conformes aux standards internationaux : création d’installations spécialisées pour l’exportation du bois, approfondissement du chenal d’accès, amélioration des dessertes routières et ferroviaires, modernisation de la pêche et mise en place d’unités de réparation navale. Conçu sur la base d’un plan directeur élaboré par des consultants internationaux, c’est ce projet qui donna la configuration actuelle du Port de Douala-Bonabéri, traduisait l’ambition de faire du Port de Douala-Bonabéri un pôle régional compétitif.
Qu’est-ce qui caractérise le troisième programme ?
Il est financé en 1983 par un prêt de 22,5 millions de dollars de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD). Il visait à combler certaines lacunes observées après la conduite du programme précédant. Il permit la construction de nouveaux quais en acier d’une profondeur de 9,5 mètres, l’édification d’entrepôts, ainsi que l’installation d’équipements spécialisés pour le stockage et la manutention des produits agricoles et des conteneurs. Ces investissements marquèrent une nouvelle étape dans la modernisation de la plateforme, en renforçant sa capacité d’accueil, sa sécurité nautique et la gouvernance de ses opérations.
Avec les trois extensions et réaménagements du Port de Douala-Bonabéri, l’Office National des Ports du Cameroun se trouva à la tête de la gestion d’une importante infrastructure portuaire, la plus grande plateforme d’échanges du commerce extérieur du Cameroun et de l’Afrique centrale.
D’importants investissements sont consentis mais le Port de Douala-Bonabéri va être confrontés à diverses problématiques à partir des années 80 et cela, jusqu’en 2020, peut-on dire…
Si l’accession du pays à l’indépendance inaugura une ère nouvelle, marquée par la volonté de reprendre en main les leviers stratégiques de son développement, la nationalisation des activités portuaires va se faire de manière progressive. La création du Port Autonome de Douala, résultante des textes réformateurs de 1998, traduisait cette volonté de rupture avec l’exploitation exclusivement tournée vers l’extérieur. Désormais, l’ambition nationale visait à transformer le Port de Douala-Bonabéri en instrument de souveraineté économique, au service de l’industrialisation, de l’intégration régionale et de la compétitivité du Cameroun sur l’échiquier international.
Cependant, l’option de désengagement de l’État des secteurs stratégiques et névralgiques imposée par les Institutions de Brettons Woods et les organismes `spécialisés des Nations-Unies en charge des transports, vont déstructurer et démanteler totalement l’industrie portuaire nationale.
Après les derniers grands investissements des années 1980, les infrastructures et superstructures du Port de Douala-Bonabéri vont tomber en état de décrépitude. Son important patrimoine foncier et immobilier va être aliéné. Le port exsangue, vit au rythme des congestions provoquées ou réelles. Le Cameroun a presque perdu sa souveraineté sur sa principale plateforme des opérations du Commerce extérieur qui est devenue un haut lieu de toutes sortes de trafics.
Comment l’Etat va s’organiser pour faire face ?
Face à cette situation, et sous les effets conjugués de la crise économique, du terrorisme mondial, des mutations dans le secteur maritime et portuaire, de la complexification de la géopolitique mondiale, l’État va décider de la reprise en main ferme du secteur. Le Port de Douala-Bonabéri doit redevenir le catalyseur de l’économie nationale qu’il n’aurait pas dû cesser d’être. Grâce à sa situation stratégique, et la mise en œuvre des dispositions de la loi réformatrice de 1998, le Cameroun doit redevenir un hub maritime incontournable dans le Golfe de Guinée. Après la construction du Port en eau profonde de Kribi et sa mise en activité, Douala-Bonabéri se devait de faire sa mue.
Cette mue commence avec votre arrivée en 2016. Certains parlent même de la quatrième grande transformation du Port de Douala-Bonabéri…
Disons que tout ce qui se fait depuis notre arrivée en 2016 émane des Très Hautes Instructions de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Paul Biya, dont les grandes lignes ont été formulées à Douala le 6 octobre 2011. Il s’agit d’un ambitieux programme de normalisation des activités, de rénovation et de modernisation des infrastructures et superstructures, ainsi que de développement du Port de Douala-Bonabéri.
Grâce à la mise en œuvre effective de projets structurants d’envergure, ce combinat portuaire est en pleine transformation comme on peut l’observer. Des pans entiers de son activité ont été nationalisés avec succès. Le Port de Douala-Bonabéri connaît une profonde transformation physique, et étend désormais son rayonnement bien au-delà des rives du Wouri. Il a retrouvé son aura d’antan. L’on peut aussi dire que pour la première fois, le Cameroun est souverain sur son premier port.
Parlant des promesses du Chef de l’Etat, ont-elles été toutes tenues ?
Toutes les promesses ont été matérialisées. Le Président de la République suit attentivement ce qui est fait. Il a d’ailleurs fait en sorte qu’on aille au-delà de ce qui avait été envisagé en 2011. Il avait annoncé « l’installation d’un système de surveillance du port et de la côte permettant une surveillance et une gestion efficace du trafic maritime et d’un système de contrôle biométrique et périmétrique des entrées de l’enceinte portuaire de Douala ». Les deux premières phases du projet de sécurisation ont été réalisées. Les plans d’eau sont surveillés en permanence. Le chenal est sécurisé. Près d’un millier de camera ont été installées et permettent une surveillance permanente des installations. La troisième phase du projet de sécurisation est en cours. En terme de sécurité, nous sommes désormais une référence dans le Golfe de Guinée.
Le Chef de l’Etat avait annoncé « l’aménagement d’une zone logistique moderne et intégrée autour du Port et de l’aéroport afin d’améliorer la compétitivité de la chaîne logistique et l’implantation de nouvelles activités dans de bonnes conditions ». Cela est en cours avec le lancement de l’important chantier de la Zone d’activités industrialo-portuaires sur les berges de la Dibamba à Missolè 1.
Le Président de la République avait annoncé « l’aménagement de nouveaux pôles urbains en centre-ville pour améliorer l’attractivité de la ville ». Vous avez récemment couvert la cérémonie de signature d’une convention portant sur la construction d’un complexe hôtelier au cœur de Bonanjo. Par ailleurs, le projet de Missolè 1 comprend l’aménagement d’un pôle urbain qui va donner de nouvelles possibilité aux alentours et à ceux de Douala. En cette année 2025, où nous commémorons les cent cinquante années d’existence du Port de Douala-Bonabéri, nous contemplons avec déférence et gratitude le chemin parcouru. Toutefois, cette étape ne saurait marquer un terme. Elle constitue, au contraire, l’annonce d’une promesse : celle d’un port toujours plus performant, attractif, compétitif, et à même de relever les défis du commerce international, de l’intégration régionale et de la mondialisation.
Il avait promis « la réhabilitation du balisage, des ouvrages d’acconage et des terrepleins ». Le balisage a été modernisé. Un appontement pétrolier sur Duc d’Albe a été construit. Une dizaine de magasins cales sont venus remplacés ceux qui étaient bien avant les indépendances. De nouveaux silos sont sortis de terre. Le terminal bois a été fait. Des quais ont été réhabilités. Nous avons récemment procédé au lancement des constructions d’un nouveau poste à quai au Terminal à conteneurs et d’un terminal vraquier côté rive droite à Bonabéri. Les capacités d’entreposage ont été décuplées. Nous avons acquis de nouveaux engins nautiques et de manutention qui sont venus s’ajouter à d’autres qui ont été rénovés et restaurés. 25 kilomètres de dessertes et de voies de contournement ont été construits, ainsi que plus de 30.000 m2 de parkings pour camions, etc.
Le Président Biya avait instruit de faire de Douala, le Port de référence du Golfe de Guinée. Nous pouvons dire qu’il a réussi ce pari.
L’on parle beaucoup de réalisations qui sont impressionnantes somme toute, mais peut de ce qui a changé en termes d’offres de service au Port de Douala-Bonabéri. Pouvez-vous en parler un tout petit peu ?
Toutes réalisations mentionnées plus haut et celles à venir, visent à rendre toujours plus performante, attractive et compétitive le Port de Douala-Bonabéri qui occupe une position stratégique au cœur du Golfe de Guinée. Vous n’entendez plus parler de congestion au niveau de nos terminaux. Le terminal à conteneurs a été totalement transformés. Les délais de manutentions ont été considérablement réduits grâce à l’acquisition de nouveaux engins de manutention, dont des grues de parcs automatisés. Le service à la clientèle été amélioré. Les temps de passage ou d’attente sont réduits. La facturation a été complètement revue à l’avantage de la clientèle. Nous avons lancé le processus d’acquisition d’un progiciel qui va permettre de faire des bons.
Sur d’autres plans, le Port de Douala-Bonabéri est devenu un port sûr, reconnu comme tel, avec une certification ISPS. Les vols de marchandises sont réduits à presque 0. L’on n’entend plus parler de grève des dockers, dans la mesure où cette activité a été normalisée. La circulation est beaucoup plus fluide. Nous comptons à notre actifs plusieurs certifications ISO.
Nous sommes dans un système d’amélioration continue, avec la performance, l’attractivité et la compétitivité comme piliers de notre gouvernance.
Un mot pour terminer, Monsieur le Directeur Général ?
J’ai commencé par remercier le Chef de l’Etat qui a impulsé tout ce dont nous avons parlé. Je vais terminer en disant aux pionniers et bâtisseurs d’hier, notre reconnaissance infinie. Aux acteurs et partenaires d’aujourd’hui, il incombe désormais la noble mission de poursuivre l’écriture de l’épopée du Port de Douala-Bonabéri. Aux générations futures, nous devons léguer la « Grande espérance » d’un port toujours plus grand, toujours plus fort, toujours fidèle à sa vocation au service du Cameroun. Un port de référence.
Le Port de Douala-Bonabéri n’est pas seulement une infrastructure. Il incarne une œuvre collective, le témoignage vivant de la résilience et du progrès, un patrimoine national dont nous avons l’honneur d’être à la fois les héritiers et les gardiens vigilants. C’est pourquoi nous avons décidé d’inscrire à l’encre noire, dans un livre de référence dont nous faisons dont à notre jeunesse, l’histoire de ce port cent cinquantenaire.