PORT AUTONOME DE DOUALA

Pôle de référence au cœur du golfe de Guinée

Blog du DG

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Monsieur le Gouverneur de la Région du Littoral,

Monsieur le Préfet du Département du Wouri,

Honorables Membres du Parlement,

Monsieur le Maire de la Ville de Douala,

Madame et Messieurs les Maires des Communes d’Arrondissement de la ville de Douala,

Monsieur le Directeur Général de l’Autorité Portuaire Nationale,

Monsieur le Président du Conseil d’Administration du Port Autonome de Douala,

Mesdames et Messieurs les Présidents et Directeurs Généraux des Sociétés,

Monsieur le Secrétaire Général de Port Synthèse,

Mesdames et Messieurs les Membres de la Communauté Portuaire Nationale,

Mesdames et Messieurs les réprésentants des diverses confessions réligieuses,

Leurs Majestés les Chefs Traditionnels,

Distinguées personnalités,

Mesdames et Messieurs ,

Le Port Autonome de Douala et toute la Communauté Portuaire de Douala sont honorés de vous accueillir aujourd’hui sur les quais du combinat portuaire de Douala-Bonabéri, à l’occasion de la cérémonie qui nous rassemble ici ce jour.

En cette circonstance solennelle, permettez-moi, Monsieur le Chef du Gouvernement, de vous exprimer toute ma gratitude pour le privilège que vous accordez au Port Autonome de Douala de venir personnellement présider cette cérémonie.

Il est d’ailleurs important de le relever avec emphase, que ce n’est pas tous les jours que le Port de Douala-Bonabéri a l’honneur, que dis-je, le privilège d’accueillir sur ses quais, une Haute Personnalité de la République de votre stature.

 Avant votre visite aujourd’hui, et d’après les informations disponibles dans les archives de port, les quais qui nous reçoivent aujourd’hui ont eu l’immense privilège d’accueillir, en novembre 1976, Son Excellence Monsieur Paul Biya, alors Premier Ministre. Sa visite intervenait juste un an et cinq mois après sa nomination à cette Haute charge, le 30 juin 1975. Il venait procéder au lancement des travaux du deuxième projet d’extension du Port de Douala-Bonabéri, qui étaient alors exécutés par l’entreprise hollandaise Boskalis. Le projet avait pour objectif d’accroitre les capacités logistiques et infrastructurelles de manutention des marchandises et d’accueil des navires dans ce port. Et sa configuration actuelle est la résultante de ces travaux d’envergure, conduits de 1976 à 1980 par l’ancien Directeur Général de l’EX-ONPC, feu Monsieur Ngann Yonn.

En mai 1977, le Président de la République, Feu Monsieur Ahmadou Ahidjo, est venu sur ces quais, pour présider une cérémonie officielle, similaire à celle qui nous réunit ce jour. Il s’agissait de la mise à l’eau du navire « Cambubinga » de la flottille de Camship.

Trois ans plus tard, nous sommes là en novembre 1980, le Président de la République, Feu Monsieur Ahmadou Ahidjo, reviendra ici, pour inaugurer cette plateforme d’échanges du commerce extérieur du Cameroun, après d’importants travaux d’extension qui englobaient Kribi, Garoua, Limbe et Tiko.

Et aujourd’hui, le 13 octobre 2020, soit quarante ans plus tard, sur les traces de vos illustres devanciers, le Port de Douala-Bonabéri vous accueille sur ses quais, pour la cérémonie officielle d’inauguration et de ‘’mise à l’eau’’ des engins nautiques nouvellement acquis par le Port Autonome de Douala.

Nous vous exprimons à cet effet, Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, notre profonde gratitude.

En vous souhaitant une chaleureuse bienvenue, ainsi qu’à l’importante délégation qui vous accompagne, le Port de Douala et sa Communauté Portuaire souhaitent également un bon séjour à Douala à tous ceux qui ont bien voulu prendre de leur temps pour se joindre à nous.

Distinguées Personnalités,

Mesdames et Messieurs,

L’entreprise publique Port Autonome de Douala, consacrée par la loi n° 71/F/5 du 04 juin 1971, qui fêtera donc son cinquantenaire en juin 2021, gère un vaste domaine public d’une contenance superficielle d’environ 1000 hectares, dont 600 sont actuellement en exploitation. Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, avant d’arriver sur cette scène, nous a fait l’honneur de visiter sa zone aval jusqu’à l’amont.

Cet espace est desservi par un chenal d’accès de 50 km, dont la partie intérieure, longue de 25 km, fait l’objet d’un entretien permanent, pour permettre à ce boulevard fluvial de garder sa côte à une profondeur permettant sa navigabilité.

Cette configuration naturelle du Port de Douala-Bonabéri, qui est également sa particularité, constitue en même temps son inconvénient, eu égard aux moyens colossaux consentis par le PAD, depuis des années, pour maintenir le chenal d’accès au port dans un état de navigabilité optimale. D’où la problématique du dragage que j’aborderai plus tard.

Pour son exploitation, le Port de Douala-Bonabéri dispose d’infrastructures, de superstructures et d’équipements acquis durant les cinq dernières décennies. Sans être exhaustif, je citerais entre autres :

  • le terminal mixte fruitier en cours de modernisation ;
  • le terminal pétrolier entièrement reconstruit ;
  • le terminal gazier ;
  • le terminal à bois ;
  • deux terminaux minéraliers ;
  • le terminal à conteneurs entièrement modernisé depuis 2003 par l’Etat du Cameroun avant sa mise en concession, avec une capacité d’accueil instantanée de 9 000 conteneurs.

Ce terminal comprend :

  • 650 mètres linéaires de quai fondé à 11,5 mètres ;
  • une rampe pour trafic RORO ;
  • trois portiques de quai d’une capacité de 40 tonnes ;
  • quatre portiques de parc d’une capacité de 40 tonnes ;
  • un magasin d’empotage et de dépotage des conteneurs ;
  • 27 hectares de terre-pleins entièrement pavés.

Notre combinat portuaire dispose d’autres infrastructures toutes aussi importantes que sont notamment :

  • deux parcs automobiles d’une capacité superficielle de 6 hectares ;
  • 13 magasins d’une capacité d’entreposage de 11 millions de tonnes de marchandises ;
  • 17 postes à quais d’une longueur totale de 3100 mètres linéaires pour l’accostage des navires ;
  • un réseau routier bitumé d’environ 30 km avec des travaux d’extension en cours ;
  • un réseau ferroviaire de 20 km en cours de réhabilitation, relié au réseau national ;
  • un parc à matières dangereuses ;
  • une logistique industrielle privée.

Plusieurs industries sont ainsi implantées dans le domaine portuaire. Il s’agit :

  • des six industries de production du ciment ;
  • de l’usine de production du blé transformé ;
  • de l’usine de production du sel.

Le Port de Douala-Bonabéri compte :

  • 12 ponts bascules de haute précision pour la pesée des produits transportés par camions et par trains ;
  • une base de sapeurs pompiers ;
  • un Centre Médico-Social et un complexe dénommé Club PAD, dédié aux activités sportives et récréatives.

Avec les mêmes installations datant des annés 80, voire anterieur à l’indépendance pour certaines, le Port de Douala-Bonabéri a enrégistré en 2019, un trafic de 12 millions 859 milles 807 tonnes de marchandises, transportées par 3.361 navires, dont 75% à l’importation et 25% à l’exportation. Or, sa configuration issue des travaux de la deuxième extension ont permis de porter ses capacités de 2,5 millions de tonnes de marchandises traités, à 7,5 millions de tonnes.

C’est dire qu’en 2020, les capacités actuelles du Port de Douala-Bonabéri sont largement dépassées. La première alerte sérieuse est survenue entre 2014 et 2015, où cette plateforme a enrégistré une forte congestion avec des effets néfastes sur l’économie nationale en général, et les finances publiques en particulier. C’est donc une situation qui ne pouvait perdurer, d’où l’urgence d’un vaste programme d’investissement prescrit par l’Etat stratège et mis en oeuvre par le PAD pour accroitre les capacités d’acceuil et la fluidité des opérations du commerce extérieur au Port de Douala-Bonabéri.

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Distingués Personnalités,

Mesdames et Messieurs.

Depuis quatre années donc, le Port Autonome de Douala est engagé dans un vaste programme de normalisation de toutes ses activités, de rénovation et de modernisation de ses infrastructures, de ses superstructures et de ses équipements.

Il s’agit pour PAD, et en droite ligne des prescriptions constantes du Gouvernement de la République, de donner corps à une promesse du Chef de l’État, faite le 6 octobre 2011. Qu’il nous souvienne, qu’en campagne électorale à Douala pour le compte de la présidentielle de cette année-là, le candidat Paul Biya, après avoir tracé les grandes lignes de sa modernisation, conclura son adresse en disant, je cite : « Douala doit devenir « LE PORT » de référence du Golfe de Guinée ».

C’est ainsi qu’en exécution de cette instruction présidentielle, de nombreux investissements ont été engagés pour arrimer le Port de Douala-Bonabéri aux standards internationaux reconnus du secteur. Je citerai sans être exhaustif :

  • l’aménagement de la voirie portuaire en zone amont et aval, pour une plus grande fluidité de la circulation, répondant ainsi à l’une des recommandations fortes du Cameroon Business Forum ;
  • l’enlèvement des épaves qui jonchaient les quais, les plans d’eau et les darses depuis plus une trentaine d’année, pour une meilleure navigabilité du port ;
  • la sécurisation physique de l’espace portuaire par l’installation d’un système de surveillance du port et de la côte, afin de permettre une gestion efficace du trafic maritime et un contrôle biométrique et périmétrique des entrées de l’enceinte portuaire de Douala ;
  • la reconstruction de nouveaux magasins car, ceux qui existent dataient des années 50 et sont en déphasage total avec les standards d’entreposage des ports modernes ;
  • la reconstruction d’un appontement pétrolier moderne sur Duc d’Albe, dont l’ancien avait été accidentellement percuté et détruit par un navire en 2001 ;
  • la relecture et l’adaptation des contrats de concession des activités portuaires, pour en faire de véritables soutiens à la modernisation et au développement de l’économie portuaire ;
  • l’internalisation du dragage avec l’acquisition de nouveaux engins flottants et des équipements de pointe, pour l’entretien permanent du chenal, des plans d’eau, des darses et des pieds de quai ;
  • l’acquisition des engins multifonctionnels pour la sécurité de la navigation et la signalisation maritime.

C’est dans cette mouvance normalisatrice et rénovatrice que s’est inscrit, avec le soutien du Gouvernement, l’opération de reprise, par le Port Autonome de Douala, de l’exploitation du Terminal à Conteneurs, après quinze (15) années de concession.

La prorogation récente de la durée de la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC), de trois (03) ans renouvelable, telle que décidée au mois de juillet dernier, par Monsieur le Président de la République, est venue conforter l’option d’une reprise en main progressive du destin du Port de Douala-Bonabéri par l’État.

Distinguées personnalités,

Mesdames et Messieurs.

Le 24 janvier 2019, à travers le décret  n°2019/034 du 24 janvier 2019 portant réorganisation du Port Autonome de Douala, le Président de la République instituait une véritable Autorité Portuaire locale de Douala. Il lui donnait ainsi les pleins pouvoirs pour mener à bien la transformation en profondeur du Port de Douala-Bonabéri, principale plateforme logistique d’opérations et de facilitation du commerce extérieur de notre pays, ainsi que des pays voisins et frères sans littoral.

Concomitamment aux projets de transformation physique du Port, et tirant avantage des dispositions pertinentes du décret présidentiel du 24 janvier 2019 que je viens d’évoquer, de nombreuses réformes structurelles sont en cours d’implémentation. Celles-ci sont constituées d’un ensemble de mesures qui visent à éliminer tous les obstacles à l’attractivité et à la compétitivité relevés à plusieurs reprises par le gouvernement de la République, les bailleurs de fonds, les clients du Port de Douala-Bonabéri et de nombreux experts.

Parmi ces réformes, il y a la simplification de la nomenclature tarifaire, la dématérialisation des procédures et des formalités liées au traitement des navires et des marchandises, la normalisation et la réglementation des activités des auxiliaires des professions portuaires (acconnage, consignation), la normalisation du régime des amodiations, la réduction des délais de séjour à quai des navires, et l’institutionnalisation du pesage systématique des marchandises.

Toutes ces réformes, couplées aux grands chantiers de modernisation du port, s’inscrivent en droite ligne des instruments stratégiques de pilotage qui en constituent la boussole à court, moyen et long terme, à l’instar du nouveau Schéma Directeur de Développement du Port. Ils doivent, ensemble, répondre aux attentes qui ont inspiré les textes réformateurs de l’industrie portuaire nationale, pour un Port de Douala-Bonabéri PERFORMANT, ATTRACTIF ET COMPETITIF, véritable catalyseur de l’amélioration du climat des affaires et de la croissance économique de notre pays.

C’est ainsi que la stratégie de développement à court, moyen et long terme du Port de Douala-Bonabéri repose sur l’amélioration de l’existant, à travers, d’une part, la modernisation des infrastructures et le renforcement des capacités structurelles du site portuaire actuel et, d’autre part, l’extension future du Port de Douala, à travers la construction d’un nouveau site portuaire en eau profonde au lieu-dit Manoka, dans l’arrondissement de Douala 5e. Cette extension sera indispensable pour le traitement du trafic futur du Port de Douala dont les prévisions sont évaluées à environ 45 millions de tonnes à l’horizon 2050, associées à forte dynamique de croissance de la taille des navires exigeant des profondeurs plus importantes du plan d’eau.

Pour l’existant, il s’agit de rénover les infrastructures et les superstructures du port actuel, situées sur la rive gauche, mais aussi de l’aménagement de nouvelles infrastructures et superstructures sur la rive droite du Wouri à Bonabéri. En effet, nous devons pouvoir répondre aux besoins du marché dont les prévisions de trafic mettent en évidence une augmentation de près de 70% des volumes, passant des 12 millions de tonnes actuels à environ 21 millions de tonnes en 2030.

J’en appelle donc aux investisseurs ou à tous ceux qui en ont la capacité, à les intéresser à venir construire le Port de Douala-Bonabéri à nos côtés. Je peux leur garantir que leurs investissements seront rentables, car tout investissement dans l’industrie portuaire constitue un très bon risque.

C’est le lieu pour moi, Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, de réitérer l’appel constant au Gouvernement, lancé par les Ports Autonomes de Douala, de Kribi et de Limbe, pour la mise en place d’une fiscalité spécifique au secteur maritime et portuaire. Il s’agit d’une part, d’améliorer l’attractivité et la compétitivité de la destination Cameroun et, d’autre part, d’accroître la capacité de nos organismes Portuaires, à financer, par elles-mêmes, leurs investissements ; toutes choses qui pourraient bien soulager l’État et réorienter les dépenses publiques destinées au secteur portuaire vers d’autres priorités.

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Distingués Personnalités,

Mesdames et Messieurs,

La bataille de tous les instants au Port de Douala-Bonabéri demeure l’accès au fleuve Wouri, dont le chenal constitue la principale autoroute. Son entretien permanent est son « handicap nautique » et constitue l’un des défis majeurs à relever au quotidien pour maintenir les fonctionnalités du port. Et le seul moyen technique pour y parvenir reste et demeure LE DRAGAGE.

Pour mieux appréhender les tenants et les aboutissants de cette activité du dragage, il convient de rappeler qu’à la suite de la grande réforme portuaire nationale intervenue en 1998, la gestion de cette activité, et bien d’autres, ont été externalisées et confiées aux entreprises privées, pour la plupart étrangères.

L’externalisation de cette activité qui était jadis gérée en régie par l’Ex-Office Nationale des Ports du Cameroun, a entrainé, depuis plus de deux décennies, une croissance exponentielle et excessive des coûts du dragage, dont le poids, au fil des années, est devenu intenable pour l’équilibre financier du Port Autonome de Douala.

Tenez par exemple, sur les quinze dernières années, uniquement pour le dragage du chenal d’accès au Port de Douala-Bonabéri, le PAD a dépensé plus de 156 milliards FCFA, soit une moyenne 10,5 milliards par an.

Les études économique et financière que nous avons commandées démontrent d’ailleurs qu’en la réalisant en Régie, l’activité du dragage du Port de Douala coûterait 76 milliards de Francs CFA en moyenne sur les 15 prochaines années contre environ 179 milliards de Francs CFA pour les mêmes volumes sur les 15 dernières années, soit une économie projetée d’environ 104 milliards de Francs CFA.

Face à cette situation critique, la solution de l’internalisation du dragage s’est imposée et a par conséquent été retenue comme l’option de gestion la plus appropriée pour maîtriser cette activité, réduire ses coûts et renforcer les performances opérationnelles du port, tout en optimisant les activités relevant du service public portuaire.

La mise en service de la Régie du Dragage est donc l’aboutissement de ce processus. C’est la matérialisation concrète d’une décision stratégique du Gouvernement, prise depuis 2008. LA REPRISE EN MAIN de la gestion et l’exploitation du dragage du chenal, des plans d’eau, des darses et des pieds de quai du Port de Douala-Bonabéri.

Les missions assignées à la Régie de Dragage sont, non seulement à caractère technique, mais aussi commercial.

Les missions à caractère technique, qui sont l’essence même de la Régie déléguée du Dragage, s’inscrivent en droite ligne des activités du service public portuaire et doivent s’exécuter de manière prioritaire et continue. Le cahier de charges assigné à cette régie est le suivant :

  • le maintien du chenal à une profondeur de -7 m ;
  • le rétablissement des profondeurs de conception aux différentes darses et pieds de quais ;
  • l’entretien des pieds de quais et des plans d’eau à la satisfaction des navires qui y accostent ;
  • la maintenance des équipements de dragage ;
  • la préservation de l’environnement lors des travaux de dragage ;
  • la publication trimestrielle de la côte du chenal du Port de Douala-Bonabéri.

Quant aux activités à caractère commercial de la régie, il est attendu d’elle de :

  • donner une valeur commerciale aux résidus des travaux portuaires du dragage ;
  • commercialiser les prestations de dragage auprès des autres potentiels clients, en vue de l’exploitation rationnelle des équipements ;
  • créer et pérenniser de nouvelles niches de recettes.

L’opération d’autonomisation du dragage doit produire un impact positif sur la trésorerie du Port Autonome de Douala, à travers d’une part, une neutralisation progressive les charges annuelles du dragage, et d’autre part, les retombées de la vente des services et des résidus du dragage.

Au moment où je vous parle, les effets positifs sont déjà perceptibles. En guise de prémices, le Port Autonome de Douala a déjà signé deux contrats d’une valeur cumulée d’environ un milliard de FCFA. Nous avons été sollicités pour des travaux de dragage au profit d’entreprises immobilières qui ont grand besoin de nos équipements pour la production des remblais nécessaires à l’aménagement de leurs terrains. Avec les 228 millions qui vont être encaissés dans les prochains jours, au titre de l’avance de démarrage, ce sera pour le PAD la première fois dans son histoire, d’encaisser de l’argent issus des travaux de dragage, alors que c’est le contraire qui a souvent été l’habitude.

En plus donc de réduire les charges d’exploitation du PAD, l’autre enjeu est de rétablir la souveraineté de l’État du Cameroun sur la principale autoroute d’accès et de sortie des biens de notre pays. Car, la menace de l’inaccessibilité du chenal, notre chenal, était permanente du fait du chantage régulier d’arrêt des travaux brandit à l’excès par les multinationales privées commises à cette activité régalienne.

Enfin, avec l’internalisation de l’activité du dragage du Port de Douala-Bonabéri, et la création d’une Régie qui lui a été dédiée, le dragage du Port s’est révélée être une opportunité de création de richesse et de nombreux emplois directs et indirects. C’est dans ce contexte que s’est fait le recrutement, par appel à candidature, du personnel navigant technique et administratif, qui a pris en main la nouvelle régie.

Distingués Personnalités,

Mesdames et Messieurs.

Permettez-moi à présent de sacrifier au rituel de présentation des nouveaux engins et équipements nautiques qui seront inaugurés et mis à l’eau tout à l’heure par Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Ils sont au nombre de six.

LA VEDETTE D’APPUI AU BALISAGE « MENCHUM FALLS »

La « MENCHUM FALLS » est une vedette d’appui au balisage. Ce bateau est utilisé pour le transport des techniciens et du matériel léger sur la voie navigable pendant les opérations de maintenance et de vérification physiques et fonctionnelles des bouées. Il est doté d’appareils d’aide à la navigation dont un écho sondeur, un GPS et une radio à haute fréquence (FM-3000). Il dispose de deux moteurs hors-bord de 100 chevaux qui développent une puissance de 50 nœuds.

Cet engin tire son nom des chutes de la rivière Menchum, qui draine une grande partie de la Région du Nord-Ouest. Les chutes de Menchum sont situées à environ 20 km au sud de Wum et à 30 km au nord de Bafut. Les géographes affirment qu’il s’agit d’un important affluent de la rivière Benoué au Nigeria.

Je salue la présence parmi nous de sa Majesté Chief Standley DZE MAGHA qui est venu de Wum, donner la bénédiction des ancêtres à cet équipement. Merci à vous Majestés de nous honorer de votre présence.

LE BATEAU FAUCARDEUR « LAKE BAROMBI MBÔ »

Le bateau « LAKE BAROMBI MBÔ »  est un faucardeur, aussi appelé « Collecteur de Jacinthes ».

Le faucardage est une activité essentielle pour l’entretien de toutes les zones aquatiques telles que les rivières, les étangs, les lacs, les marécages, les voies navigables, etc. Il consiste à couper et débarasser de la surface des milieux aquatiques, les plantes, les algues, les roseaux et pour le cas de l’estuaire du Wouri, des contaminants aquatiques venant des villes.

Le rôle du navire faucardeur est donc insdispensable dans la mise en place de la stratégie de prévention environnementale du PAD, en droite ligne des actions entreprises par l’Autorité portuaire pour stopper toute forme de pollution. Le bateau LAKE BAROMBI MBÔ a une longueur de 12,35 m et une largeur de 5,5 m.

Outre les fonctionnalités mentionnées ci-dessus, Le LAKE BAROMBI MBÔ, avec sa puissance de traction évaluée à 12 tonnes, peut également être utilisé pour des tâches portuaires légères comme la poussée, la traction et le remorquage.

Le navire faucardeur LAKE BAROMBI MBÔ tire son nom du plus grand lac de cratère volcanique du Cameroun, situé près de la ville de Kumba dans la Région du Sud-Ouest. Ce lac mesure environ 69 mètres de profondeur et couvre une superficie de 415 hectares.

Cet emblématique lieu touristique de notre pays et terre sacrée de la tribu Barombi a été déclaré le 8 octobre 2006, Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Je salue la présence parmi nous de sa Majesté Daniel NASAKO qui est venu de Barombi Mboh, donner la bénédiction des ancêtres à ce navire. Merci à vous Majestés de nous honorer de votre présence.

LE BALISEUR « DIKA MPONDO AKWA »

Le baliseur « DIKA MPONDO AKWA » est l’équipement principal du plan de maintenance du système de signalisation maritime du port de Douala-Bonaberi. Son opérationnalisation porte essentiellement sur la manutention à quai et en mer des bouées, de leur transport et de leur positionnement géo satellitaire. Equipé d’une grue avec compensation de houle de 10 tonnes, le DIKA MPONDO AKWA a également la capacité d’effectuer des sondages bathymétriques qui consistent en la mesure de la profondeur d’un plan d’eau par sondage et le traitement des données correspondantes en vue de déterminer la configuration du fond.

Il tient son nom du célèbre roi des Akwa, Sa Majesté DIKA MPONDO AKWA (1836 – 1916), signataire plenipotentiaire du Traité Germano-Camerounais du 12 juillet 1884, considéré par les historiens comme l’acte de naissance du Cameroun actuel. Cet acte fondamental a été signé au sein du comptoir Woermann à partir duquel se dévéloppera plus tard, le Port de Douala-Bonabéri dans sa forme moderne.

Je salue respectueusement la présence parmi nous de leurs Majestés :

  • Jean Yves EBOUMBOU DOUALA MANGA BELL, Président en exercice du Ngondo ;
  • Sénateur MADIBA SONGUE Salomon ;
  • DIN DIKA AKWA III ;
  • Paul Mylord MBAPPE BWANGA ;
  • Gaston MBODI EPEE ;
  • James Frederick ESSAKA EKWALLA ESSAKA ;
  • Walter NGALLE ;
  • Alexandre EDIMO EDJENGUELE ;
  • Dieudonné DISSAKE NGOM.

Tous ces Chefs Superieurs Sawa sont venus transmettre la bénédiction des ancêtres à ces engins flottants. Merci à vous Majestés de nous honorer de votre si précieuse et importante présence.

LA DRAGUE BEAVER 50 « VIGILANCE »

De par sa fonctionnalité, ce quatrième engin, qui est également appelé Drague Aspiratrice Stationnaire, est une drague hydraulique dont le principe consiste à désagréger les sédiments subaquatiques qu’elle fluidifie par un système d’injection d’eau à haute pression. Elle aspire à l’aide d’une puissante pompe la mixture d’eau et de sédiments qu’elle refoule à un lieu stratégiquement sélectionné et méthodiquement aménagé. Elle est de marque Beaver 50, construite par la société Hollandaise IHC Holland BV, n°1 mondial de construction des équipements de dragage.

Se dressant sur une longueur de 33,30 m et une largeur de 7,87 m, sa profondeur de dragage standard maximale est de 14 m. Cet engin est destiné aux travaux de dragage des plans d’eau, des pieds de quai et des darses. La drague VIGILANCE a une capacité de refoulement de 800 m3 par heure, sur une distance d’environ 2 kilomètres.

Elle est en ce moment en production, comme vous pouvez l’observer sur les écrans géants, sur le bras mort du Wouri à deux kilomètres de ce site.

LE DELTA MULTICRAFT « PATRIOTE »

C’est un engin d’assistance à la drague VIGILANCE lors des opérations de dragage. Il a été conçu pour effectuer également d’autres travaux portuaires tels que le petit remorquage, la logistique des projets de dragage et les travaux de maintenance portuaire. C’est aussi un support aux opérations de plongée et d’enlèvement des épaves marines.

LA DRAGUE « MONTS MANDARA »

Le navire MONTS MANDARA est une drague aspiratrice en marche. Son principe de fonctionnement de base consiste à désagréger le sol à draguer par une tête d’élinde, à fluidifier les sédiments par une injection d’eau à haute pression, ensuite à aspirer à l’aide de pompes géantes la mixture d’eau et de sédiments qui est enfin refoulée dans un puits incorporé dont la capacité est de 3.000 m3.

Sa construction a été réalisée par la société Hollandaise IHC Holland BV, selon la technologie de dernière génération et équipée d’une élinde de 70 cm de diamètre pour l’aspiration des sédiments jusqu’à 25 m de profondeur. Ce navire de 82 m de long et 15,8 m de large autopropulsé, est doté des dispositifs de refoulement des sédiments à la fois à terre et par clapage.

Ce navire tire son nom des célèbres Monts Mandara qui sont un massif montagneux situé dans la Région de l’Extrême-Nord, à la frontière entre le Cameroun et le Nigéria. Leur point culminant est, selon les géographes, le Mont Oupay d’une altitude de 1 494 mètres.

Je salue la présence parmi nous de Sa Majesté MOHAMAD, Sultan de Wandala, qui est venu de si loin pour donner la bénédiction des encêtres à cet équipement. Merci à vous Majesté de nous honorer de votre présence.

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Dinstinguées personnalités,

Mesdames et Messieurs,

Le coût global de ces équipements est de 45 milliards 351 millions 725 mille FCFA, fruit de l’ingénierie juridique et financière développée par les équipes du PAD avec l’assistant des experts du Ministère des Finances, notre tutelle financière, et le concours des banques avec qui le PAD a rétabli des relations plus sereines. Je profite de l’occasion pour les remercier pour cette marque de confiance renouvelée.

C’est le lieu pour moi, Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, de réitérer la profonde gratitude de l’ensemble de la Communauté portuaire au Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, principal initiateur des grands projets de modernisation du Port de Douala-Bonabéri, dont toute la nation camerounaise est aujourd’hui fière.

Je ne saurais terminer mon propos, sans pouvoir exprimer notre reconnaissance à nos tutelles financière et technique, le Ministère des Finances et du Ministère des Transports, pour leur accompagnement au quotidien.

Comment ne pas dire notre profonde gratitude, nos remerciements et ceux de l’ensemble de la Communauté Portuaire de Douala, au Gouvernement de la République, pour le soutien constant dont il fait montre, dans la mise en œuvre méthodique et efficace de ses prescriptions.

Nous veillerons à ce que ces engins flottants et ces équipements soient rigoureusement entretenus et que leur exploitation soit rentable, afin de générer des revenus pour accroitre la capacité de la flotte de dragage et pérenniser ainsi l’activité.

JE VOUS REMERCIE POUR VOTRE TRÈS AIMABLE ATTENTION.

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