{"id":9943,"date":"2025-10-01T20:54:08","date_gmt":"2025-10-01T20:54:08","guid":{"rendered":"http:\/\/192.168.15.136\/?p=9943"},"modified":"2026-02-10T20:55:52","modified_gmt":"2026-02-10T20:55:52","slug":"incarner-la-memoire-active-dune-aventure-humaine-edifiee-par-le-courage-lintelligence-et-labnegation-de-generations-dhommes-et-de-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pad.cm\/fr\/incarner-la-memoire-active-dune-aventure-humaine-edifiee-par-le-courage-lintelligence-et-labnegation-de-generations-dhommes-et-de-femmes\/","title":{"rendered":"Incarner la m\u00e9moire active d\u2019une aventure humaine \u00e9difi\u00e9e par le courage, l\u2019intelligence et l\u2019abn\u00e9gation de g\u00e9n\u00e9rations d\u2019hommes et de femmes"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"9943\" class=\"elementor elementor-9943\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-7800652 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"7800652\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\" data-settings=\"{&quot;_ha_eqh_enable&quot;:false}\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-578b2cb elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"578b2cb\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><strong>Monsieur le Directeur G\u00e9n\u00e9ral, le Port Autonome de Douala a organis\u00e9 du 26 septembre au 3 octobre derniers, la c\u00e9l\u00e9bration avec faste des 150 ans du Port de Douala-Bonab\u00e9ri. Marche sportive, tournoi de football, exposition photo, parade de navire, soir\u00e9e culturelle au Palais de la Culture Sawa, salon tr\u00e8s couru, publication d\u2019un ouvrage, colloque international de haut niveau et gala de cl\u00f4ture marqu\u00e9 par la remise d\u2019Awards aux clients et partenaires ont rythm\u00e9 le cours de cette semaine. Quel bilan tirez-vous de cette intense d\u2019activit\u00e9s\u00a0?<\/strong><\/p><p>Permettez-moi avant tout d\u2019exprimer la profonde gratitude du Port Autonome de Douala et de l\u2019ensemble de la communaut\u00e9 portuaire \u00e0 l\u2019endroit du Chef de l\u2019\u00c9tat, Son Excellence Paul BIYA qui a accept\u00e9 de placer cette c\u00e9l\u00e9bration sous son Tr\u00e8s Haut Patronage et a d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, pour pr\u00e9sider la c\u00e9r\u00e9monie de lancement des festivit\u00e9s. Le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique nous a ainsi fait l\u2019honneur d\u2019une marque de haute estime. Nous y voyons la reconnaissance d\u2019un acteur cl\u00e9 de la construction de l&rsquo;industrie portuaire nationale, v\u00e9ritable architecte de la modernisation et du d\u00e9veloppement du Port de Douala-Bonab\u00e9ri, depuis 1976, alors qu\u2019il \u00e9tait Premier Ministre.<\/p><p>Permettez-moi aussi de remercier tous ceux qui ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019organisation de ce cent cinquantenaire. Je pense en particulier aux autorit\u00e9s administratives, politiques et traditionnelles qui ont sacrifi\u00e9 de leur temps pour c\u00e9l\u00e9brer avec nous ce moment historique, \u00e0 la communaut\u00e9 portuaire, \u00e0 la communaut\u00e9 des affaires, aux entreprises qui ont accept\u00e9 de nous accompagner, aux experts qui ont organis\u00e9 et anim\u00e9 le colloque de tr\u00e8s haut niveau, aux m\u00e9dias, aux \u00e9tudiants, aux prestataires, aux populations de Douala, et \u00e0 mes collaborateurs qui se sont priv\u00e9s parfois de sommeil afin que tout ceci soit rendu possible. Les retours sont globalement positifs. C\u2019est \u00e0 eux que revient le m\u00e9rite de ce succ\u00e8s. Chacun fera son propre bilan. Mais globalement, je pense que les objectifs ont \u00e9t\u00e9 atteints.<\/p><p>En cette ann\u00e9e 2025, o\u00f9 nous c\u00e9l\u00e9brons les 150 ann\u00e9es d\u2019existence du Port de Douala-Bonab\u00e9ri, nous contemplons avec d\u00e9f\u00e9rence et gratitude le chemin parcouru. Toutefois, cette \u00e9tape ne saurait marquer un terme. Elle constitue, au contraire, l\u2019annonce d\u2019une promesse : celle d\u2019un port toujours plus performant, attractif, comp\u00e9titif, et \u00e0 m\u00eame de relever les d\u00e9fis du commerce international, de l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale et de la mondialisation.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Qu\u2019est-ce qui justifie la c\u00e9l\u00e9bration, en 2025, d\u2019un anniversaire que vous envisagiez en 2021\u00a0?<\/strong><\/p><p>Il faut souligner que 2021 est avant tout un rep\u00e8re, en r\u00e9sonnance avec 1871, ann\u00e9e de la construction de ce que l\u2019on peut consid\u00e9rer comme le premier quai de ce qui deviendra le Port de Douala-Bonab\u00e9ri. Initialement pr\u00e9vu en 2021, ce grand rendez-vous de m\u00e9moire et d\u2019avenir n\u2019a pu se tenir comme envisag\u00e9. En effet, la grave crise sanitaire li\u00e9e au coronavirus avait alors boulevers\u00e9 les \u00e9quilibres mondiaux et impos\u00e9 une suspension des festivit\u00e9s. Mais loin d\u2019\u00e9teindre notre d\u00e9termination, cette \u00e9preuve n\u2019a fait que renforcer notre volont\u00e9 de c\u00e9l\u00e9brer, en 2025, avec plus d\u2019\u00e9clat et de profondeur, l\u2019histoire et les r\u00e9alisations de ce port qui demeure le poumon \u00e9conomique du Cameroun.<\/p><p>Donc loin d\u2019\u00eatre un simple jalon chronologique, cet anniversaire incarne la m\u00e9moire active d\u2019une aventure humaine, \u00e9difi\u00e9e par le courage, l\u2019intelligence et l\u2019abn\u00e9gation de g\u00e9n\u00e9rations d\u2019hommes et de femmes, d\u2019ici et d\u2019ailleurs, qui ont fait du Port de Douala-Bonab\u00e9ri un patrimoine commun et une fiert\u00e9 nationale.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Que racontent ces 150 ans d\u2019histoire\u00a0?<\/strong><\/p><p>L\u2019histoire du Port de Douala-Bonab\u00e9ri constitue une fresque \u00e9loquente des interactions successives entre puissances coloniales et aspirations nationales. D\u00e8s la fin du XIX\u1d49 si\u00e8cle, les autorit\u00e9s allemandes, \u00e9tablies au Cameroun \u00e0 partir de 1851, jet\u00e8rent les premiers jalons de cette infrastructure strat\u00e9gique. Leur action, guid\u00e9e par des imp\u00e9ratifs \u00e9conomiques et militaires, visait \u00e0 doter la colonie d\u2019un d\u00e9bouch\u00e9 portuaire apte \u00e0 soutenir l\u2019exportation des produits tropicaux comme le cacao, le caf\u00e9, le bois et l\u2019huile de palme, et \u00e0 assurer l\u2019acheminement rapide des \u00e9quipements n\u00e9cessaires \u00e0 la mise en valeur du territoire. Le choix du site de Douala-Bonab\u00e9ri, au c\u0153ur de l\u2019estuaire du Wouri, t\u00e9moigne de leur clairvoyance g\u00e9ographique et de leur volont\u00e9 de faire de ce lieu, un pivot des \u00e9changes coloniaux. Ce qu&rsquo;il sera d&rsquo;ailleurs pendant les 45 ann\u00e9es environ, de l&rsquo;occupation allemande.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Lors du colloque, l\u2019on a entendu dire que les Allemands avaient de grandes ambitions pour le Port de Douala\u2026 De quelle mani\u00e8re\u00a0?<\/strong><\/p><p>En effet, les Allemands ambitionnaient de faire du Cameroun un hub portuaire majeur en Afrique, en d\u00e9veloppant des infrastructures \u00e0 Douala, Kribi, Victoria &#8211; actuellement Limbe -, et Garoua. Le Port de Douala-Bonab\u00e9ri, administr\u00e9 d\u00e8s 1904 par le <em>Service Officiel de Navigation Fluviale et de Cabotage<\/em>, se dota de quais, de jet\u00e9es, de docks flottants, et d\u2019ateliers modernes. En 1911, il devint un centre n\u00e9vralgique du commerce colonial allemand, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019Union des ligues maritimes allemandes.<\/p><p>La Compagnie Woermann-Linie \u00e9tait bien \u00e9quip\u00e9e en puissants cargos et navires pour les passagers et longs courriers qui touchaient les ports du Kamerun et de l\u2019ext\u00e9rieur\u00a0: Victoria (Limbe), Kribi, Lom\u00e9, Conakry, Freetown, Hambourg, Boulogne, Southampton, Liverpool, Rotterdam, Mad\u00e8re, Tenerife, Swakopmund. Le trajet de Hambourg \u00e0 Douala \u00e9tait alors parcouru en seize ou dix-sept jours.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Pourquoi Douala-Bonab\u00e9ri est finalement privil\u00e9gi\u00e9 par rapport aux autres ports existants comme Kribi ou Limbe par exemple\u00a0?<\/strong><\/p><p>Le choix va se porter finalement sur Douala-Bonab\u00e9ri, en raison de ses atouts strat\u00e9giques\u00a0: voies ferr\u00e9es et routes facilitant son acc\u00e8s. Le gouverneur allemand Th\u00e9odor Seitz privil\u00e9gia la liaison ferroviaire Douala-Yaound\u00e9, estimant qu\u2019elle renfor\u00e7ait le contr\u00f4le administratif et militaire de la r\u00e9gion. D\u00e8s 1912, Douala-Bonab\u00e9ri s\u2019affirma comme principal port du pays. Les projets allemands de modernisation sont rest\u00e9s toutefois inachev\u00e9s, interrompus par la Premi\u00e8re Guerre Mondiale.<\/p><p><strong>\u00a0<\/strong><\/p><p>Apr\u00e8s l\u2019Allemagne, c\u2019est au tout de la France\u2026<\/p><p>Oui, en effet. \u00c0 la fin de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la France, investie du mandat sur le Cameroun, h\u00e9rite du Port de Douala-Bonab\u00e9ri, infrastructure strat\u00e9gique pour la mise en valeur du territoire. D\u00e8s 1922, l\u2019administration coloniale fran\u00e7aise va \u00e9laborer un projet d\u2019extension du port, s\u2019appuyant sur l\u2019avant-projet esquiss\u00e9 par les autorit\u00e9s allemandes avant le conflit. Bien que plus modeste que les ambitions initiales de ces derni\u00e8res, ce plan int\u00e9grait une vision de d\u00e9veloppement \u00e0 long terme. Il pr\u00e9voyait notamment l\u2019am\u00e9lioration du chenal d\u2019acc\u00e8s, la construction de nouvelles infrastructures et superstructures ainsi que l\u2019agrandissement des \u00e9quipements existants.<\/p><p>Les autorit\u00e9s fran\u00e7aises opt\u00e8rent pour une modernisation progressive, en ad\u00e9quation avec l\u2019\u00e9volution du trafic maritime et des besoins \u00e9conomiques du territoire. Le Port de Douala-Bonab\u00e9ri devint ainsi un pivot central de la strat\u00e9gie fran\u00e7aise visant \u00e0 d\u00e9velopper et moderniser les infrastructures locales, tout en assurant une exploitation optimale du territoire au b\u00e9n\u00e9fice de la relance \u00e9conomique de la m\u00e9tropole et de ses entreprises.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Cette orientation va conna\u00eetre un nouvel essor au lendemain de la Seconde Guerre mondiale&#8230;<\/strong><\/p><p>En effet\u2026 Le 22 janvier 1947, le gouvernement fran\u00e7ais adopta un avant-projet d\u2019extension qui portait sur l\u2019am\u00e9lioration des infrastructures et superstructures existantes, l\u2019approfondissement des chenaux d\u2019acc\u00e8s, la construction d\u2019un boulevard maritime et diverses extensions, notamment \u00e0 Bonab\u00e9ri. Une enveloppe de 3,169 millions de francs CFA de l\u2019\u00e9poque fut alors confi\u00e9e \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Grands Travaux de Marseille pour conduire les chantiers d\u2019agrandissement et de modernisation.<\/p><p>La pose du premier bloc des nouveaux quais fut pr\u00e9sid\u00e9e par le Secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 la France d\u2019Outre-Mer, le Dr Louis-Paul Aujoulat, en pr\u00e9sence du Haut-Commissaire de la R\u00e9publique fran\u00e7aise au Cameroun, Jean-Louis Andr\u00e9 Marie Soucadaux, et de Paul Darnault, Ing\u00e9nieur en chef des Travaux publics et Directeur des Travaux publics et des Transports du Cameroun. Les travaux, men\u00e9s entre 1948 et 1954, marqu\u00e8rent une \u00e9tape d\u00e9cisive dans la transformation du port apr\u00e8s la premi\u00e8re extension engag\u00e9e en 1922.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>En quoi cela marque une \u00e9tape d\u00e9cisive\u00a0?<\/strong><\/p><p>\u00c0 l\u2019issue de ce vaste programme, le Port de Douala-Bonab\u00e9ri va disposer de 1800 m\u00e8tres de quais, de 30 hectares de terre-pleins, ainsi que de 25000 m\u00b2 de magasins-cales. Selon les projections \u00e9tablies en 1960, ces \u00e9quipements permettaient d\u2019anticiper une capacit\u00e9 de trafic d\u2019un million de tonnes, avec une marge de s\u00e9curit\u00e9 suffisante pour r\u00e9pondre aux besoins des deux \u00e0 trois d\u00e9cennies suivantes.<\/p><p>\u00c0 l\u2019accession du Cameroun \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, le pays h\u00e9rita de six plateformes portuaires exploit\u00e9es par l\u2019\u00c9tat, auxquelles s\u2019ajoutaient deux ports priv\u00e9s. Le port de Douala-Bonab\u00e9ri, de loin le plus important, concentrait \u00e0 lui seul pr\u00e8s de 87 % du trafic portuaire total entre 1966 et 1968. Ce dispositif comprenait \u00e9galement les ports de Tiko et de Victoria (aujourd\u2019hui Limbe), qui assuraient environ 70% du trafic du Cameroun occidental, ainsi que le port fluvial de Garoua, situ\u00e9 sur le fleuve B\u00e9nou\u00e9, dans le Nord du pays.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Le Cameroun acc\u00e8de \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendances et h\u00e9rite de cette infrastructure prend la main\u2026<\/strong><\/p><p>Il faut dire que si la France avait transf\u00e9r\u00e9 aux nationaux la gestion de plusieurs institutions administratives et entreprises dans la partie occidentale du pays, la situation fut sensiblement diff\u00e9rente pour le Port de Douala-Bonab\u00e9ri. En effet, les entreprises fran\u00e7aises d\u00e9j\u00e0 implant\u00e9es sur cette plateforme portuaire poursuivirent leurs activit\u00e9s et les d\u00e9velopp\u00e8rent par la suite, b\u00e9n\u00e9ficiant des agr\u00e9ments h\u00e9rit\u00e9s de l\u2019administration coloniale (Syndicat des acconiers, Syndicat des compagnies de navigation, UCAM, MORY, CAMATRANS, SDV, SAGA, SOCOPAO, entre autres). Sous la supervision du jeune \u00c9tat camerounais, ce maintien s\u2019expliquait \u00e0 la fois par une volont\u00e9 de continuit\u00e9 et par les contraintes impos\u00e9es par les accords coloniaux conclus \u00e0 la veille de l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p><p>Ces derniers conf\u00e9raient en effet aux entreprises fran\u00e7aises une position privil\u00e9gi\u00e9e, renfor\u00e7ant l\u2019emprise de la France sur plusieurs secteurs strat\u00e9giques de ses anciens territoires. Ainsi, au lendemain de l\u2019ind\u00e9pendance, aucune entreprise nationale n\u2019\u00e9tait encore pr\u00e9sente sur la plateforme portuaire de Douala-Bonab\u00e9ri.<\/p><p>Mais, le jeune \u00c9tat, conscient de l&rsquo;importance de l&rsquo;industrie portuaire, et dans sa volont\u00e9 de prise en main se don destin, engagea, avec le soutien des bailleurs de fonds internationaux, trois programmes d&rsquo;investissements visant \u00e0 accro\u00eetre les capacit\u00e9s du Port de Douala-Bonab\u00e9ri.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Pouvez-vous nous parler de ces programmes\u00a0?<\/strong><\/p><p>Le premier projet d\u2019am\u00e9nagement est lanc\u00e9 en 1969. Il est financ\u00e9 par la Banque mondiale \u00e0 hauteur de 778 millions de FCFA avant d\u00e9valuation, dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure d\u2019urgence, visait essentiellement \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la forte demande d\u2019importation de clinker et \u00e0 am\u00e9liorer la manutention des grumes. Il se traduisit par la construction d\u2019un quai min\u00e9ralier, l\u2019am\u00e9nagement d\u2019un parc \u00e0 bois, le dragage de zones strat\u00e9giques et l\u2019acquisition d\u2019\u00e9quipements modernes de manutention. Bien que limit\u00e9, il permit une premi\u00e8re mont\u00e9e en capacit\u00e9 du port et pr\u00e9para le terrain pour une extension plus ambitieuse. Le deuxi\u00e8me projet, plus ambitieux, est inscrit dans le 4\u00e8me Plan quinquennal (1977-1981). Il est estim\u00e9 \u00e0 120 millions de dollars.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>En quoi consistait ce deuxi\u00e8me programme\u00a0?<\/strong><\/p><p>Il constitua l\u2019axe majeur du programme d\u2019investissement de l\u2019Office National des Ports du Cameroun (ONPC). Lanc\u00e9 en novembre 1976, par le Premier ministre Paul Biya, et ex\u00e9cut\u00e9s par l\u2019entreprise hollandaise Boskalis, sous la direction du regrett\u00e9 Simon Ngann Yonn, premier Directeur G\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;ONPC \u00e0 1971, les travaux visaient \u00e0 doter la plateforme d\u2019infrastructures conformes aux standards internationaux : cr\u00e9ation d\u2019installations sp\u00e9cialis\u00e9es pour l\u2019exportation du bois, approfondissement du chenal d\u2019acc\u00e8s, am\u00e9lioration des dessertes routi\u00e8res et ferroviaires, modernisation de la p\u00eache et mise en place d\u2019unit\u00e9s de r\u00e9paration navale. Con\u00e7u sur la base d\u2019un plan directeur \u00e9labor\u00e9 par des consultants internationaux, c\u2019est ce projet qui donna la configuration actuelle du Port de Douala-Bonab\u00e9ri, traduisait l\u2019ambition de faire du Port de Douala-Bonab\u00e9ri un p\u00f4le r\u00e9gional comp\u00e9titif.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Qu\u2019est-ce qui caract\u00e9rise le troisi\u00e8me programme\u00a0?<\/strong><\/p><p>Il est financ\u00e9 en 1983 par un pr\u00eat de 22,5 millions de dollars de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le D\u00e9veloppement (BIRD). Il visait \u00e0 combler certaines lacunes observ\u00e9es apr\u00e8s la conduite du programme pr\u00e9c\u00e9dant. Il permit la construction de nouveaux quais en acier d\u2019une profondeur de 9,5 m\u00e8tres, l\u2019\u00e9dification d\u2019entrep\u00f4ts, ainsi que l\u2019installation d\u2019\u00e9quipements sp\u00e9cialis\u00e9s pour le stockage et la manutention des produits agricoles et des conteneurs. Ces investissements marqu\u00e8rent une nouvelle \u00e9tape dans la modernisation de la plateforme, en renfor\u00e7ant sa capacit\u00e9 d\u2019accueil, sa s\u00e9curit\u00e9 nautique et la gouvernance de ses op\u00e9rations.<\/p><p><strong>Avec les trois extensions et r\u00e9am\u00e9nagements du Port de Douala-Bonab\u00e9ri, l\u2019Office National des Ports du Cameroun se trouva \u00e0 la t\u00eate de la gestion d\u2019une importante infrastructure portuaire, la plus grande plateforme d\u2019\u00e9changes du commerce ext\u00e9rieur du Cameroun et de l\u2019Afrique centrale.<\/strong><\/p><p><strong>\u00a0<\/strong><\/p><p><strong>D\u2019importants investissements sont consentis mais le Port de Douala-Bonab\u00e9ri va \u00eatre confront\u00e9s \u00e0 diverses probl\u00e9matiques \u00e0 partir des ann\u00e9es 80 et cela, jusqu\u2019en 2020, peut-on dire\u2026<\/strong><\/p><p>Si l\u2019accession du pays \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance inaugura une \u00e8re nouvelle, marqu\u00e9e par la volont\u00e9 de reprendre en main les leviers strat\u00e9giques de son d\u00e9veloppement, la nationalisation des activit\u00e9s portuaires va se faire de mani\u00e8re progressive. La cr\u00e9ation du Port Autonome de Douala, r\u00e9sultante des textes r\u00e9formateurs de 1998, traduisait cette volont\u00e9 de rupture avec l\u2019exploitation exclusivement tourn\u00e9e vers l\u2019ext\u00e9rieur. D\u00e9sormais, l\u2019ambition nationale visait \u00e0 transformer le Port de Douala-Bonab\u00e9ri en instrument de souverainet\u00e9 \u00e9conomique, au service de l\u2019industrialisation, de l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale et de la comp\u00e9titivit\u00e9 du Cameroun sur l\u2019\u00e9chiquier international.<\/p><p>Cependant, l&rsquo;option de d\u00e9sengagement de l&rsquo;\u00c9tat des secteurs strat\u00e9giques et n\u00e9vralgiques impos\u00e9e par les Institutions de Brettons Woods et les organismes `sp\u00e9cialis\u00e9s des Nations-Unies en charge des transports, vont d\u00e9structurer et d\u00e9manteler totalement l&rsquo;industrie portuaire nationale.<\/p><p>Apr\u00e8s les derniers grands investissements des ann\u00e9es 1980, les infrastructures et superstructures du Port de Douala-Bonab\u00e9ri vont tomber en \u00e9tat de d\u00e9cr\u00e9pitude. Son important patrimoine foncier et immobilier va \u00eatre ali\u00e9n\u00e9. Le port exsangue, vit au rythme des congestions provoqu\u00e9es ou r\u00e9elles. Le Cameroun a presque perdu sa souverainet\u00e9 sur sa principale plateforme des op\u00e9rations du Commerce ext\u00e9rieur qui est devenue un haut lieu de toutes sortes de trafics.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Comment l\u2019Etat va s\u2019organiser pour faire face\u00a0?<\/strong><\/p><p>Face \u00e0 cette situation, et sous les effets conjugu\u00e9s de la crise \u00e9conomique, du terrorisme mondial, des mutations dans le secteur maritime et portuaire, de la complexification de la g\u00e9opolitique mondiale, l\u2019\u00c9tat va d\u00e9cider de la reprise en main ferme du secteur. Le Port de Douala-Bonab\u00e9ri doit redevenir le catalyseur de l\u2019\u00e9conomie nationale qu\u2019il n\u2019aurait pas d\u00fb cesser d\u2019\u00eatre. Gr\u00e2ce \u00e0 sa situation strat\u00e9gique, et la mise en \u0153uvre des dispositions de la loi r\u00e9formatrice de 1998, le Cameroun doit redevenir un hub maritime incontournable dans le Golfe de Guin\u00e9e. Apr\u00e8s la construction du Port en eau profonde de Kribi et sa mise en activit\u00e9, Douala-Bonab\u00e9ri se devait de faire sa mue.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Cette mue commence avec votre arriv\u00e9e en 2016. Certains parlent m\u00eame de la quatri\u00e8me grande transformation du Port de Douala-Bonab\u00e9ri\u2026 <\/strong><\/p><p>Disons que tout ce qui se fait depuis notre arriv\u00e9e en 2016 \u00e9mane des Tr\u00e8s Hautes Instructions de Son Excellence Monsieur le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Paul Biya, dont les grandes lignes ont \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es \u00e0 Douala le 6 octobre 2011. Il s\u2019agit d\u2019un ambitieux programme de normalisation des activit\u00e9s, de r\u00e9novation et de modernisation des infrastructures et superstructures, ainsi que de d\u00e9veloppement du Port de Douala-Bonab\u00e9ri.<\/p><p>Gr\u00e2ce \u00e0 la mise en \u0153uvre effective de projets structurants d\u2019envergure, ce combinat portuaire est en pleine transformation comme on peut l\u2019observer. Des pans entiers de son activit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 nationalis\u00e9s avec succ\u00e8s. Le Port de Douala-Bonab\u00e9ri conna\u00eet une profonde transformation physique, et \u00e9tend d\u00e9sormais son rayonnement bien au-del\u00e0 des rives du Wouri. Il a retrouv\u00e9 son aura d&rsquo;antan. L\u2019on peut aussi dire que pour la premi\u00e8re fois, le Cameroun est souverain sur son premier port.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Parlant des promesses du Chef de l\u2019Etat, ont-elles \u00e9t\u00e9 toutes tenues\u00a0?<\/strong><\/p><p>Toutes les promesses ont \u00e9t\u00e9 mat\u00e9rialis\u00e9es. Le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique suit attentivement ce qui est fait. Il a d\u2019ailleurs fait en sorte qu\u2019on aille au-del\u00e0 de ce qui avait \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 en 2011. Il avait annonc\u00e9 \u00ab\u00a0l&rsquo;installation d&rsquo;un syst\u00e8me de surveillance du port et de la c\u00f4te permettant une surveillance et une gestion efficace du trafic maritime et d&rsquo;un syst\u00e8me de contr\u00f4le biom\u00e9trique et p\u00e9rim\u00e9trique des entr\u00e9es de l&rsquo;enceinte portuaire de Douala\u00a0\u00bb. Les deux premi\u00e8res phases du projet de s\u00e9curisation ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es. Les plans d\u2019eau sont surveill\u00e9s en permanence. Le chenal est s\u00e9curis\u00e9. Pr\u00e8s d\u2019un millier de camera ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9es et permettent une surveillance permanente des installations. La troisi\u00e8me phase du projet de s\u00e9curisation est en cours. En terme de s\u00e9curit\u00e9, nous sommes d\u00e9sormais une r\u00e9f\u00e9rence dans le Golfe de Guin\u00e9e.<\/p><p>Le Chef de l\u2019Etat avait annonc\u00e9 \u00ab\u00a0l\u2019am\u00e9nagement d\u2019une zone logistique moderne et int\u00e9gr\u00e9e autour du Port et de l\u2019a\u00e9roport afin d\u2019am\u00e9liorer la comp\u00e9titivit\u00e9 de la cha\u00eene logistique et l\u2019implantation de nouvelles activit\u00e9s dans de bonnes conditions\u00a0\u00bb.\u00a0Cela est en cours avec le lancement de l\u2019important chantier de la Zone d\u2019activit\u00e9s industrialo-portuaires sur les berges de la Dibamba \u00e0 Missol\u00e8 1.<\/p><p>Le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique avait annonc\u00e9 \u00ab\u00a0l\u2019am\u00e9nagement de nouveaux p\u00f4les urbains en centre-ville pour am\u00e9liorer l\u2019attractivit\u00e9 de la ville\u00a0\u00bb. Vous avez r\u00e9cemment couvert la c\u00e9r\u00e9monie de signature d\u2019une convention portant sur la construction d\u2019un complexe h\u00f4telier au c\u0153ur de Bonanjo. Par ailleurs, le projet de Missol\u00e8 1 comprend l\u2019am\u00e9nagement d\u2019un p\u00f4le urbain qui va donner de nouvelles possibilit\u00e9 aux alentours et \u00e0 ceux de Douala. En cette ann\u00e9e 2025, o\u00f9 nous comm\u00e9morons les cent cinquante ann\u00e9es d\u2019existence du Port de Douala-Bonab\u00e9ri, nous contemplons avec d\u00e9f\u00e9rence et gratitude le chemin parcouru. Toutefois, cette \u00e9tape ne saurait marquer un terme. Elle constitue, au contraire, l\u2019annonce d\u2019une promesse : celle d\u2019un port toujours plus performant, attractif, comp\u00e9titif, et \u00e0 m\u00eame de relever les d\u00e9fis du commerce international, de l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale et de la mondialisation.<\/p><p>Il avait promis \u00ab\u00a0la r\u00e9habilitation du balisage, des ouvrages d&rsquo;acconage et des terrepleins\u00a0\u00bb. Le balisage a \u00e9t\u00e9 modernis\u00e9. Un appontement p\u00e9trolier sur Duc d\u2019Albe a \u00e9t\u00e9 construit. Une dizaine de magasins cales sont venus remplac\u00e9s ceux qui \u00e9taient bien avant les ind\u00e9pendances. De nouveaux silos sont sortis de terre. Le terminal bois a \u00e9t\u00e9 fait. Des quais ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9habilit\u00e9s. Nous avons r\u00e9cemment proc\u00e9d\u00e9 au lancement des constructions d\u2019un nouveau poste \u00e0 quai au Terminal \u00e0 conteneurs et d\u2019un terminal vraquier c\u00f4t\u00e9 rive droite \u00e0 Bonab\u00e9ri. Les capacit\u00e9s d\u2019entreposage ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cupl\u00e9es. Nous avons acquis de nouveaux engins nautiques et de manutention qui sont venus s\u2019ajouter \u00e0 d\u2019autres qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9s et restaur\u00e9s. 25 kilom\u00e8tres de dessertes et de voies de contournement ont \u00e9t\u00e9 construits, ainsi que plus de 30.000 m2 de parkings pour camions, etc.<\/p><p>Le Pr\u00e9sident Biya avait instruit de faire de Douala, le Port de r\u00e9f\u00e9rence du Golfe de Guin\u00e9e. Nous pouvons dire qu\u2019il a r\u00e9ussi ce pari.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>L\u2019on parle beaucoup de r\u00e9alisations qui sont impressionnantes somme toute, mais peut de ce qui a chang\u00e9 en termes d\u2019offres de service au Port de Douala-Bonab\u00e9ri. Pouvez-vous en parler un tout petit peu\u00a0?<\/strong><\/p><p>Toutes r\u00e9alisations mentionn\u00e9es plus haut et celles \u00e0 venir, visent \u00e0 rendre toujours plus performante, attractive et comp\u00e9titive le Port de Douala-Bonab\u00e9ri qui occupe une position strat\u00e9gique au c\u0153ur du Golfe de Guin\u00e9e. Vous n\u2019entendez plus parler de congestion au niveau de nos terminaux. Le terminal \u00e0 conteneurs a \u00e9t\u00e9 totalement transform\u00e9s. Les d\u00e9lais de manutentions ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement r\u00e9duits gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019acquisition de nouveaux engins de manutention, dont des grues de parcs automatis\u00e9s. Le service \u00e0 la client\u00e8le \u00e9t\u00e9 am\u00e9lior\u00e9. Les temps de passage ou d\u2019attente sont r\u00e9duits. La facturation a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement revue \u00e0 l\u2019avantage de la client\u00e8le. Nous avons lanc\u00e9 le processus d\u2019acquisition d\u2019un progiciel qui va permettre de faire des bons.<\/p><p>Sur d\u2019autres plans, le Port de Douala-Bonab\u00e9ri est devenu un port s\u00fbr, reconnu comme tel, avec une certification ISPS. Les vols de marchandises sont r\u00e9duits \u00e0 presque 0. L\u2019on n\u2019entend plus parler de gr\u00e8ve des dockers, dans la mesure o\u00f9 cette activit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 normalis\u00e9e. La circulation est beaucoup plus fluide. Nous comptons \u00e0 notre actifs plusieurs certifications ISO.<\/p><p>Nous sommes dans un syst\u00e8me d\u2019am\u00e9lioration continue, avec la performance, l\u2019attractivit\u00e9 et la comp\u00e9titivit\u00e9 comme piliers de notre gouvernance.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><strong>Un mot pour terminer, Monsieur le Directeur G\u00e9n\u00e9ral\u00a0?<\/strong><\/p><p>J\u2019ai commenc\u00e9 par remercier le Chef de l\u2019Etat qui a impuls\u00e9 tout ce dont nous avons parl\u00e9. Je vais terminer en disant aux pionniers et b\u00e2tisseurs d\u2019hier, notre reconnaissance infinie. Aux acteurs et partenaires d\u2019aujourd\u2019hui, il incombe d\u00e9sormais la noble mission de poursuivre l\u2019\u00e9criture de l\u2019\u00e9pop\u00e9e du Port de Douala-Bonab\u00e9ri. Aux g\u00e9n\u00e9rations futures, nous devons l\u00e9guer la \u00ab\u00a0Grande esp\u00e9rance\u00a0\u00bb d\u2019un port toujours plus grand, toujours plus fort, toujours fid\u00e8le \u00e0 sa vocation au service du Cameroun. Un port de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p><p>Le Port de Douala-Bonab\u00e9ri n\u2019est pas seulement une infrastructure. Il incarne une \u0153uvre collective, le t\u00e9moignage vivant de la r\u00e9silience et du progr\u00e8s, un patrimoine national dont nous avons l\u2019honneur d\u2019\u00eatre \u00e0 la fois les h\u00e9ritiers et les gardiens vigilants. C\u2019est pourquoi nous avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019inscrire \u00e0 l\u2019encre noire, dans un livre de r\u00e9f\u00e9rence dont nous faisons dont \u00e0 notre jeunesse, l\u2019histoire de ce port cent cinquantenaire.<\/p><p>\u00a0<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Monsieur le Directeur G\u00e9n\u00e9ral, le Port Autonome de Douala a organis\u00e9 du 26 septembre au 3 octobre derniers, la c\u00e9l\u00e9bration avec faste des 150 ans du Port de Douala-Bonab\u00e9ri. 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